Hell, Chapitre 6
__ Désillusionnée avant l'âge, je dégueule sur la facilité des sentiments.
__ Ce qu'on nomme l'amour n'est que l'alibi rassurant de l'union d'un pervers et d'une pute, que le voile rose qui couvre la face effrayante de l'inéluctable Solitude.
__ Je me suis carapaçonnée de cynisme, mon c½ur est châtré, je fuis l'affreuse Dépendance, la moquerie du Leurre universel; Eros planque une faux dans son carquois.
__ L'amour, c'est tout ce qu'on a trouvé pour aliéner déprime post-coïtum, pour justifier la fornication, pour consolider l'orgasme. C'est la quintessence du Beau, du Bien, du Vrai, qui refaçonne votre sale queule, qui sublime votre existence mesquine.
__ Eh bien moi, je refuse.
__ [...] les euphories grotesques du premier baiser, du premier coup de fil, écouter douze fois un simple message, prendre un café, un verre: les souvenirs d'enfance, les amis communs, les vacances sur la Côte, puis un dîner: les auteurs préférés, le mal de vivre, pourquoi sortir tous les soirs, la première nuit, suivie de beaucoup d'autres, ne plus rien avoir à se dire, baiser pour combler les blancs, ne même plus avoir envie de baiser, se détacher; rester ensemble quand même s'engueuler, se réconcilier tout en sachant que c'est mort au fond, aller baiser ailleurs, et puis plus rien.
__ Souffrir...
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